Atelier d’écriture « Correspondances » du samedi 18 novembre 2017

Des allers-retours entre les photos et les textes de l’expo « Correspondances » et la page blanche des participantes à l’atelier s’est peu à peu rempli de mots, de groupes de mots et de phrases pour arriver à un texte adressé à un des artistes du projet.

 

Dans les veines de la terre, la nature laisse une trace de son passage.

Un avant, un après, une évolution.

Chacun doit y trouver sa place, au milieu de tous ces éléments : l’air, la lumière, le soleil mais aussi l’obscur.

Se construire, s’étonner, découvrir, apprendre, ressentir.

Ces photographies permettent de faire naître dans les trous obscurs de la lumière, un public chaleureux qui fera naître en toi l’espoir que ton travail n’est pas vain.

Ces quelques notes de musique resteront dans nos cœurs de même que les images qui les accompagnent.

Et enfin je pourrai respirer à pleins poumons, soulagé d’avoir trouvé cette place qui est la mienne dans l’univers.

Coraline

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Le cœur et les yeux grands ouverts

J’ai commencé à réfléchir à cela – je n’ose pas encore le nommer mais j’espère que tu sais de quoi je parle – quand la caravane des notes, l’émotion, le vol fabuleux du rythme dans l’azur, m’a attrapée comme au vol, je veux dire m’a éveillée presque, enfin, déjà j’ai peur de perdre ton attention et je voudrais revenir vers l’essentiel.

La danse du cœur, voilà ce mouvement qui m’a éveillée, qui a soulagé un peu mon âme, après la sensation du froid sur ces clous rouillés.

Tu as fait ton nid dans ma pierre, et même si les mots te semblent obscurs, je voudrais que tu comprennes cela.

Je crois que tu sauras comprendre car toi-même tu passes par d’autres outils pour parler, pour communiquer.

Tu vois, j’utilise des mots, mais assemblés de telle manière que tu lises plus profondément derrière le sens, derrière ce que disent les dictionnaires, en somme, les yeux et le coeur grands ouverts.

Il avait suffit d’un soupir pour que je m’éveillasse. D’un petit grain de sable qui avait fait rejaillir mille choses à la fois…

Camille

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Un caillou du ciel

dans la chaussure,

tu te glisses dans les

lumières volées.

Lacs impalpables,

Flaques d’or minéral,

Nuages grandioses

sont ton horizon imaginaire.

Claire

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Au tablier des anges, le crépuscule n’a pas de nom

Ernest sait que les murs ont des oreilles, et que les silences infinis qui résonnent disgracieux  nous infligent bien des MAUX.

La langue est pareille à tous ces petits riens admirables, qui jaillissent  telle une musique en d’innombrables sons.

Les mots sont l’expression de bien des âmes, la nôtre et celles d’avant.

Quelle infamie que de vouloir restreindre, sous couvert de modernité, une langue de son vocabulaire en faisant fi du passé !

Laisser vivre les mots, ceux d’hier et d’aujourd’hui, c’est préserver les plus belles collections de notre patrimoine HUMAIN. C’est rendre à l’humanité crépusculaire, cette part infime d’infini qui lui revient.

Les mots sont les gardiens de nos âmes et resplendissent telles des pierres précieuses dans l’ÉTERNITÉ. Aussi, caresser les mots c’est s’offrir le plus beau privilège : celui d’être et d’avoir été.

Tel  un guide, un passeur d’âmes, je te confie, Ernest, les clés de ce beau joyau : la symphonie des MOTS. C’est l’hymne à la joie, une farandole folle, je te les confie et salue au passage, ton courage et ta force de conviction qui te poussent à partager le plaisir de jouer et de se perdre dans la féerie des MOTS pour libérer tous nos MAUX.

Claudine