Atelier d’écritures avec les enfants à la médiathèque Aragon de Pont de Claix

Séance du 21 septembre 2017

« Porte-drapeau de l’espoir »

A partir d’une photo de Jean-Sébastien Faure de l’expo « Correspondances » : « Porte-drapeau de l’espoir », les enfants ont proposé des mots sur cette photo. Avec tous les mots recueillis, et une expression du poème de Ernest B. Dauzat, chaque enfant a écrit un texte.

J’observais un paysage

Un enfant portait un drapeau noir

Il y avait des arbres et des palmiers avec des maisons

C’était très beau

L’enfant était triste

C’était un Chinois.

Lydia

*******

Des enfants… ce sont des Chinois

Ils tiennent un drapeau blanc et noir

Le ciel est bleu et blanc

Le paysage est très beau et très joli.

Malak

*******

Des enfants se promenaient dans la rue

Avec des arbres

Et un grand panneau

Il y avait de l’écriture

Les enfants sont très tristes

Il y avait plein de feuilles

Les enfants sont des Chinois

La route est encore longue

Dans la lumière du soir

Il y avait une cabane en bois

Des sacs

Et des gourdes.

Chaïma

*******

Des enfants chinois

Ils se baladent dans la nature

Un drapeau déchiré ou brulé dans les mains d’un enfant

Il y avait

Une barrière

Des arbres

Des feuilles

De l’herbe

Un poteau

Une cabane

Un grand ciel blanc et bleu

Un panneau en fer

Et des enfants tristes

Et une bouteille qui brille.

Mohamed

*******

Des enfants pauvres tenaient un drapeau déchiré

Leur drapeau était leur seul espoir

L’enfant était triste vraiment triste

Il brandissait le drapeau dans le ciel bleu

Leur cœur noir comme la nuit

Pendant le coucher du soleil

Ils sont sortis pour voir leur espoir

Mais ils l’ont trouvé mort

Dans les ornières.

Assia

*******

Dans le paysage

Je vois

Des arbres

Des feuilles

De l’herbe

Et des nuages

Pour respirer à pleins poumons

Et le ciel est bleu et blanc

Dans le paysage

Des cabanes en bois

Dans les arbres

Des enfants sortent dehors pour jouer

Dans la cabane

Avec un drapeau déchiré

Ils jouent dehors pour la gloire

Ils s’amusent et rigolent entre eux

Ils jouent au foot…

Zaki

*******

Le soleil commence à se coucher

Les enfants rentrent chez eux

Il ne reste que quatre enfants

Un enfant porte un drapeau déchiré

Quelques curieux sont là

Les autres enfants se disent :

  • Allez ! on s’est rafraîchi les pommettes !
  • Rentrons chez nous !

Sarah

*******

Un enfant aimait la nature

Quand il voit le ciel bleu et blanc

Il dit : Un jour j’irai découvrir le paysage infini

Et je sais que quelqu’un comme moi

Voudra aussi découvrir des choses…

Noure-Hanne

*******

Des enfants dans un paysage

Au coucher de soleil

Les enfants étaient tristes

Leur drapeau était déchiré

Leur rêve était de devenir porte-drapeau

Au coucher de soleil

Derrière eux d’autres enfants tiennent des lumières.

Alma

Séance du 28 septembre 2017 : Tu me grondes…

Après une lecture silencieuse personnelle du poème de Joël Sadeler, « Tu me grondes… » travail sur les mots/valises comme « noir/polar » ou « rouge/révolution » ou « bleu/contusions ». Avec les trouvailles de chacun, nous avons constitué un texte collectif reprenant les mots/valises les plus originaux

 Tu me grondes…

Tu me grondes

parce que j’ai les doigts

de toutes les couleurs

noir-polar

ou jaune-sable des squares

parfois blanc-banquise

ou rouge-révolution

et même bleu-contusion

Tu me grondes

parce que j’ai les doigts

de toutes les couleurs

noir-costard

ou jaune- poire

parfois blanc-banque

ou rouge-de colère

et même bleu nuage du ciel

Tu me grondes

parce que j’ai les doigts

de toutes les couleurs

noir-canard

ou jaune-cône

parfois blanc-banc

ou rouge-à lèvres

et même bleu-fromage de chèvre

Tu me grondes

parce que j’ai les doigts

de toutes les couleurs

noir-histoire

ou jaune-lumière du soir

parfois blanc-nouvel an

ou rouge-saignement

et même bleu-montagne d’hiver

Tu me grondes

parce que j’ai les doigts

de toutes les couleurs

noir-placard

ou jaune-feuilles d’automne

parfois blanc-petit chaton

ou rouge- fraises des bois

et même bleu-mer de nuages

Tu me grondes

parce que j’ai les doigts

de toutes les couleurs

noir-gloire

ou jaune-drôle de drone

parfois blanc-brosse à dents

ou rouge-cerise de printemps

et même bleu-azur de la mer

Tu me grondes

et tu te trompes

mes doigts je les ai trempés

dans l’amitié

des mains

des enfants

du quartier

des enfants

du monde entier.

Séances des 5 & 12 octobre 2017 : Sur le Chemin des Dames

L’inducteur de cet atelier est la sculpture sur bois « Sur le Chemin des Dames » d’Alain Bourdel. Chacun réagit à la sculpture avec des mots ou des groupes de mots. Avec tous les mots recueillis, et une expression du poème de Ernest B. Dauzat, chaque enfant a écrit un 1er texte.

La semaine suivante, avec l’apport de nouvelles expressions, chaque enfant va réécrire son 1er texte et écrire un 2ème texte.

La sculpture est en bois et en pierre claire

Avec des petites fissures pures

Des personnes avec des blessures au corps

Et il se tord

Ils sont morts avec d’autres corps

On peut voir leurs os avec des bosses

Ils sont pliés en quatre

On peut voir les os du corps

Ils ont des chapeaux à pointe

Ils représentent les morts de la guerre

Et les éclairs de la guerre

Il y a en a un qui a une bague

Faite au Cap d’Agde

Il devait avoir des enfants et une femme

Morte dans les flammes

Leur chapeau ressemble à ceux de la guerre

Couverte par le tonnerre

Un petit balcon avec des bonbons

Une photo de femme et un âne

Des têtes de fantômes et des pommes

Une grande sculpture pour Halloween avec des épines ?

Ça me fait aussi penser à de pauvres hommes

Ils sont malades

A cause des Allemands

Ils sont morts à la guerre.

Lydia

♠♠♠♠♠♠

C’était magnifique et magique

Comme la musique

Il y avait des hommes de la guerre

Qui fait tomber par terre

Des hommes hurlaient dans la nuit

Pendant la nuit tu dors

Et tu dis « bonne nuit » ici

Tu es jolie…

Des hommes morts dans leur tombe

Des hommes ont peur de l’aurore

Et le soir tombait

Les morts sortaient de leur tombe

Avec un corps rempli de sang

Et avec des têtes de fantômes

Des fantômes les plus horribles

Les morts n’osaient plus sortir de leur tombe

Le roi des monstres

Etait le plus horrible de tous les monstres.

Noure-Hanne

♠♠♠♠♠♠

Pendant la guerre

Le tonnerre

Des hommes se sont battus avec courage

Pour des sabotages

Après la guerre

La fumée dans l’air

Ils étaient attaqués et vraiment fatigués

Ils ne pouvaient plus parler ni chanter

On entendait le vent qui chantait

Pendant la guerre

Un feu d’enfer

Ils se sont blessés

Leurs blessures

Des cicatrices des fractures

Et des brûlures

Ils se sont battus dans une grotte.

Assia

♠♠♠♠♠♠

Trop vaillants combattants

Croquants et violents

Des hommes de guerre

Avec des pierres

Et des personnes mortes

Devant les portes

Les hommes récoltaient en plein cœur

Avec la peur

Des formes de riz arrondies

Fabriquées parfois en bois

Dans une poche trop moche

Nous avons vu une femme

Avec une lame.

Malak

♠♠♠♠♠♠

Deux camps ennemis

Ont fui l’infini

Deux visages qui ont peur

Pâles de couleurs

Des fantômes arrondis qui saignent au vent

Un doigt coupé sans amis de roman

La peau d’un arbre triste

Seul sans joie

Une main en squelette casse une porte

Un casque de pompiers fragile

Une main en bague d’or

Une tombe de légende

Une montagne de visages

La maison d’une œuvre

Un chapeau de guerre.

Abderrahman

♠♠♠♠♠♠

Dans le bleu de l’azur

Avec des rayures

Comme un visage qui a peur

Dans le noir

Des hommes de guerre

Tombent sous le bruit du tonnerre

Et des personnes mortes

Sans veines fortes

L’infernale et tortueuse tombe

Une maison pleine

De sculptures de la Préhistoire

Et une main squelette

Avec un corps

Comme les morts de la guerre.

Zaki

♠♠♠♠♠♠

Un visage qui fait peur

Avec un gros cœur

Avec la peau des arbres

Dure comme du marbre

A la source des fontaines

Ils ont construit la maison

Avec des cloisons

Du petit vin des vignes

Des gentils sont morts

Une fille dans un portefeuille

Avec une tête de fantôme

Une bague au doigt

Et un doigt coupé.

Alâa

♠♠♠♠♠♠

A l’arrivée du printemps

On a reconstruit et repeint

Cette statue

Pour représenter les morts de la guerre

Nous avons vu

Les chapeaux de pompiers

Les os des gens

Leur corps ne saigne plus

Des escaliers

Une fille

Et un doigt.

Alma

♠♠♠♠♠♠

Des éclats d’obus

Nous avons vu

Des femmes

Dans le crachat des flammes

C’était horrible comme la colère du bleu

Plein de formes de la guerre

Qui retrouvent la terre

Ça ressemblait à une personne assise

Comme une friandise

Qui s’était tournée sur elle-même

Comme des Dames

Il y avait des casques de guerre

Et même une main

Avec une bague en or

Tout était fabriqué en bois !

Chaïma

♠♠♠♠♠♠

A la montagne

Les hommes ont perdu la guerre

Les adversaires ont gagné

Ils ont pris la femme

Ils l’ont mise dans leur prison

Avec des blessures

Au corps et à l’âme

Les hommes ont regretté.

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