Des sorcières, même pas peur…

A partir d’une grille autour du mot Halloween, les participants écriront 14 mots dérivés en recherchant des mots dans des poèmes de Charles Baudelaire et d’Ernest B. Dauzat.

Inspiré par la sculpture d’Alain Bourdel « Sur le Chemin des dames » et par la photo d’Yves Jaccaz « Au-delà de la nuit… la lumière », chaque participant écrira un texte court qui commence par quelques mots poétiques proposés par l’animateur…

A ma sorcière préférée…

Si par une nuit lourde et sombre, tu entends la sonnerie… C’est peut-être le glas… « Allo ? Oui… » Le vent joyeux emporte la suite… Les sirènes ne chantent plus… Le cerf squelettique, nourri aux helvelles asséchées, poussées au pied des monuments aux morts, la cervelle du serveur, joyau famélique présentée en médaillon sur la croix, quelques tranches de vies, servis sur un plateau au banquet de nos grands-pères pour un discours oiseux, bien loin des images pieuses… Menu peu délicat… Discours de fin de chasse où le cerf est révéré : « Oyez… » mais la suite s’efface imperceptiblement dans les brouillards qu’écorchent les dentelles d’os du crépuscule, noyée dans le petit vin des vignes…

W.

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J’ai souvenir une nuit, alors que, errant dans cette sombre forêt, je songeais à quelques souvenirs, avoir été sorti de mon royaume de rêves par une lueur au loin. Harassé par ce long chemin, je décidais de venir frapper à la porte de ce domaine éclairé. Mais durs étaient les obstacles, bois mort ondoyant, vision d’un bosquet en train de décrépir.

Mais la route semblable à un éternel combat fut récompensée par la vision d’un visage empreint de magie. Des yeux couleur éther me fixaient, me faisaient oublier mes souvenirs funestes. Cela suffit pour que, dans ton domaine secret, au bois perdu nous savourons depuis en douceur de petites morts. Une éternité s’écoule, nécessaire pour hériter des temps suivants. Laissons à la faveur des nuits notre amour s’étendre. Une onde de tendresse donne ainsi vie à notre descendance qui, crâne en déclinaison de nos traits aurons bientôt le fruit de leurs propres amours qui te diront ; Attends-moi momie ! ».

Joris B.

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 Halloween

Et ce fin et petit ruban blanc luxueux couvert de bonbons et de citrouilles trouées lumineuses posé sur un bloc de fossiles qui convenait des fractures par dizaines.

Le soleil assombri montre la guerre atroce et donne la migraine.

Solenn (12 ans)

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La sorcière de l’ombre

Quand je te regarde, tu me fais peur.

Mes trois mots pour te décrire sont : « jack-O’-Lantern, monstre et sorcière. Tu es aussi féroce. Quand tu as faim tu commandes une fée.

Ton carrosse est aussi moche que toi. Quand il y a une poussière tu ralles car ce n’est pas assez poussiéreux. Cela te rend possessive : de la poussière.

La mort ne s’enterre pas au paradis. Cela dépend. Dans le passé on place nos os, nos cendres, nous dans une fosse aussi moche, comme d’habitude.

A Halloween, on raconte souvent des histoires fausses. Ceci ne se fait pas. Mais après tout c’est notre imagination. Rien que ça !

Emma (12 ans)

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Halloween

A la porte je fais le rat car je suis un crâne tout rivé devant leurs écrans. Je vois la lumière de la guerre dans la nuit juste après le coucher de soleil. Les morts jonchent le sol taché de sang. C’est Oscar, mon meilleur ami. Un escargot est sur lui.

Etienne (9 ans 1/2)